Le 15.05.07
Il avait les yeux clairs et le visage voilé. De longs cheveux bruns, un regard emmerveillé. Il était élégant et très prisé. Il était ailleurs, il intriguait, il était beau, on le suivait. Il marchait, pas à mot, de réalité en rêve. On l'appercevait souvent, perdu dans ses songes inachevés. Lointain, il n'entendait pas, et écoutait sans comprendre. Il observait la vie, il contemplait les hommes, il souriait aux femmes. Il écrivait les idées, détaillait les visages, décrivait les regards. On ne le nommait pas. On le désignait. Les jeunes filles chuchotaient, les duchesses riaient. Il était là.
Il avait cette manie, de répandre l'euphorie. Il passait, furtivement, un peu surpris. Il s'inclinait, baisait des mains, un peu au hasard. Il était l'ange aimé et l'inconnu chéri. On ne savait pas d'où il venait. Il était apparu, un jour, descendu d'un hotel. On l'avait tout de suite remarqué, avec son allure de chevalier et ses gestes décousus. Il avait cette grâce que l'on admirait. Il lisait tout au long de ses journées. Les gens, fascinés, le regardaient. Il ne semblait pas s'en rendre compte, et paisible, il poursuivait Callimaco d'un oeuil amusé. Et quand soudain, il se levait, il paraissait étonné de voir toute cette masse qui le dévorait,les yeux agares la bouche entre-ouverte. Il murmurait un vague bonsoir, saluait quelques jolies comtesses et se retirait, comme effrayé.
Il n'était présent à aucun bal. Les demoiselles l'attendaient tous les soirs. Déçues, elles finissaient toujours par accepté la main boudinée d'un de ces lourdeaux, fils de roi ou cousins de nobles. Avec un mince regret dans l'âme, elles revoyaient sans doûte le visage de leur tendre désiré.
Il ne parlait pas, il chuchotait. L'été, il prenait cet air celeste qui le rendait presque divin. Les dames se pâmaient. Les sires grondaient, envieux.
Il avait ces lèvres délicates et ces pensées abstraites. Il était grand et mince, angélique. Un peu craintif, presque sûr de lui. Il avait son monde, à des cieux de celui çi. Il était tellement serein qu'il ne pouvait pas être vivant. Il était si silencieux et passioné qu'il inspirait le respect, autant à Nature qu'à Noblesse. On aimait le dire romantique, on le vantait poète. On n'osait médire, on le choyait sans le connaître. De fait, on ne le connaissait pas. Il ne bavardait guère avec les comères, il ne discutait jamais avec les jeunes gens, il ne débattait pas avec les vieux bourgeois. On l'aimait. Lui, et la bohème.
Il était la Muse des grands auteurs. Il était l'eau de vie des alcooliques. En automne, il se promenait le long des ruelles mortes, subjugué par la fraîcheur d'octobre. Il ravissait les nymphes et enchantait les fées.
Il avait les yeux clairs et le visage voilé. De longs cheveux bruns, un regard emmerveillé. Il était élégant et très prisé. Il était ailleurs, il intriguait, il était beau, on le suivait. Il marchait, pas à mot, de réalité en rêve. On l'appercevait souvent, perdu dans ses songes inachevés. Lointain, il n'entendait pas, et écoutait sans comprendre. Il observait la vie, il contemplait les hommes, il souriait aux femmes. Il écrivait les idées, détaillait les visages, décrivait les regards. On ne le nommait pas. On le désignait. Les jeunes filles chuchotaient, les duchesses riaient. Il était là.
Il avait cette manie, de répandre l'euphorie. Il passait, furtivement, un peu surpris. Il s'inclinait, baisait des mains, un peu au hasard. Il était l'ange aimé et l'inconnu chéri. On ne savait pas d'où il venait. Il était apparu, un jour, descendu d'un hotel. On l'avait tout de suite remarqué, avec son allure de chevalier et ses gestes décousus. Il avait cette grâce que l'on admirait. Il lisait tout au long de ses journées. Les gens, fascinés, le regardaient. Il ne semblait pas s'en rendre compte, et paisible, il poursuivait Callimaco d'un oeuil amusé. Et quand soudain, il se levait, il paraissait étonné de voir toute cette masse qui le dévorait,les yeux agares la bouche entre-ouverte. Il murmurait un vague bonsoir, saluait quelques jolies comtesses et se retirait, comme effrayé.
Il n'était présent à aucun bal. Les demoiselles l'attendaient tous les soirs. Déçues, elles finissaient toujours par accepté la main boudinée d'un de ces lourdeaux, fils de roi ou cousins de nobles. Avec un mince regret dans l'âme, elles revoyaient sans doûte le visage de leur tendre désiré.
Il ne parlait pas, il chuchotait. L'été, il prenait cet air celeste qui le rendait presque divin. Les dames se pâmaient. Les sires grondaient, envieux.
Il avait ces lèvres délicates et ces pensées abstraites. Il était grand et mince, angélique. Un peu craintif, presque sûr de lui. Il avait son monde, à des cieux de celui çi. Il était tellement serein qu'il ne pouvait pas être vivant. Il était si silencieux et passioné qu'il inspirait le respect, autant à Nature qu'à Noblesse. On aimait le dire romantique, on le vantait poète. On n'osait médire, on le choyait sans le connaître. De fait, on ne le connaissait pas. Il ne bavardait guère avec les comères, il ne discutait jamais avec les jeunes gens, il ne débattait pas avec les vieux bourgeois. On l'aimait. Lui, et la bohème.
Il était la Muse des grands auteurs. Il était l'eau de vie des alcooliques. En automne, il se promenait le long des ruelles mortes, subjugué par la fraîcheur d'octobre. Il ravissait les nymphes et enchantait les fées.
Cherry-Flesh
![Chut(e). [ Photo de moi, model : moi. Ô Narcisse, je t'aime ]](http://82.img.v4.skyrock.com/823/cherry-flesh/pics/907252476_small.jpg)

